Electroneuromyographie

samedi 11 février 2012

Nerf spinal accessoire


Origine du nerf spinal accessoire (SA)

A l’origine, le SA est constitué de filets nerveux qui émergent du cordon latéral de la moelle en avant des racines cervicales postérieures. Ces filets s’unissent de façon à constituer un tronc, ou racine médullaire, qui monte dans le canal rachidien, traverse le foramen magnum et pénètre dans l’étage postérieur du crâne. Ensuite, la racine médullaire s’unit à la racine bulbaire du XI pour constituer le nerf spinal qui sort du crâne par le foramen jugulaire et se divise en ses deux branches terminales, l’une interne, très courte se jetant dans le nerf vague, et l’autre externe, le SA (d’après Outrequin G et Boutillier B)

A. Anatomie


1. Nerf spinal accessoire

Le nerf spinal accessoire (SA) est la branche terminale externe du nerf spinal ou 11ème nerf crânien. A l’origine, il est constitué de 5 à 6 filets nerveux, parfois plus, étagés verticalement sur 5 cm, émergeant du cordon latéral de la moelle, près du sillon collatéral postérieur, en avant des racines postérieures de C1 à C4. Ces filets s’unissent de façon à constituer un tronc, ou racine médullaire, qui monte dans le canal rachidien, traverse le trou occipital (ou foramen magnum) et pénètre dans l’étage postérieur du crâne. Ensuite, la racine médullaire s’unit à la racine bulbaire du XI pour constituer le nerf spinal qui sort du crâne par le trou déchiré postérieur (ou foramen jugulaire) et se divise en ses deux branches terminales, l’une interne, très courte se jetant dans le nerf vague, et l’autre externe, le SA.

Celui-ci se porte en bas et en dehors, croise la veine jugulaire, tantôt en arrière, tantôt, le plus souvent, en avant en adhérant fortement à la paroi veineuse. Le SA croise ensuite le bord inférieur du ventre postérieur du muscle digastrique, atteint la face profonde du muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) qu’il, ou l’une de ses branches, traverse et innerve, puis apparaît au bord postérieur du muscle, à quatre travers de doigts sous le lobe de l’oreille où il est environné de nombreux ganglions lymphatiques. Le SA descend ensuite en bas et en arrière, superficiellement à travers le triangle postérieur du cou, jusqu’au bord antérieur du muscle trapèze, environ cinq centimètres au dessus de la clavicule.

Trajet extra-crânien du nerf spinal accessoire (SA)

A) Dissection du cou : vue latérale sous-cutanée ; B) Schéma du trajet nerveux du SA et du triangle postérieur du cou délimité par le muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) en avant, le muscle trapèze en arrière, la clavicule en bas et l’apophyse mastoïde en haut ; C) Dissection du cou : vue latérale centrée sur le triangle postérieur du cou après résection du SCM (images A et C sont tirées du site www.univadis.be, 3D anatomy, © Primal Pictures 2009).

A sa sortie du foramen jugulaire, le SA se porte en bas et en dehors, croise la veine jugulaire interne en avant, puis le bord inférieur du ventre postérieur du muscle digastrique. Le SA atteint la face profonde du SCM qu’il traverse et innerve, puis apparaît au bord postérieur du muscle où il est environné de nombreux ganglions lymphatiques. Le SA descend ensuite en bas et en arrière, superficiellement à travers le triangle postérieur du cou, jusqu’au bord antérieur du muscle trapèze, environ cinq centimètres au dessus de la clavicule. Le SA s’engage alors profondément dans ce muscle dont il innerve les trois chefs, innervation partagée avec des anastomoses des constituants radiculaires C2 C3 C4 du plexus cervical.

Le SA s’engage alors profondément dans ce muscle dont il innerve les trois chefs, innervation mal connue, probablement très variable (notamment en ce qui concerne le nombre de branches d’innervation), et partagée avec des anastomoses des constituants radiculaires C2 C3 C4 du plexus cervical.

2. Muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM)

Le SCM s’étend de l’articulation sterno-claviculaire à l’apophyse mastoïde.

Lorsque le point fixe est sterno-claviculaire, la contraction unilatérale du SCM détermine un triple mouvement de la tête : flexion et inclinaison latérale vers le coté correspondant, rotation vers le côté opposé. La contraction bilatérale entraîne une flexion de la tête sur le cou et du cou sur le thorax ; mais, si la tête est préalablement renversée en arrière, le SCM exagère ce mouvement et devient extenseur de la tête.

Lorsque le point fixe est céphalique, les deux SCM élèvent le thorax et agissent en muscles inspirateurs accessoires.

Cliniquement, les SCM sont testés en demandant au patient une flexion (activation bilatérale) ou une rotation (activation controlatérale) contrariée de la tête ; on doit alors voir et sentir la corde du(des) muscle(s) contracté(s).

3. Muscle trapèze

Le chef supérieur ou claviculaire s’étend de l’occiput, du ligament nuchal et du processus épineux de C7 au 1/3 latéral de la clavicule et de l’acromion. Le chef moyen ou scapulaire s’étend des processus épineux de T1 à T5 au bord supérieur de l’épine de l’omoplate. Le chef inférieur ou spinal s’étend des processus épineux de T6 à T10 au sommet de l’épine de l’omoplate.

Chacun des 3 chefs du muscle trapèze possède une action propre. Le chef claviculaire, lorsque le point fixe est céphalique, est élévateur de l’épaule et inspirateur accessoire. Lorsque le point fixe est claviculaire, il incline la tête vers le côté correspondant et la tourne vers le côté opposé. L’action combinée des deux chefs claviculaires produit l’extension de la tête. Le chef scapulaire produit une élévation et une rétropulsion de l’épaule, avec adduction de l’omoplate. Le chef spinal est également adducteur de l’omoplate, mais abaisseur de l’épaule.

Cliniquement, le chef claviculaire est testé en demandant au patient de hausser les épaules tandis qu’on s’y oppose, ou, lors de l’élévation antérieure contrariée du bras, coude tendu et avant-bras en pronation. Le chef scapulaire peut être étudié, le patient placé en décubitus ventral, le bras à 90° d’abduction, coude fléchi et en lui demandant de décoller le bras de la table d’examen. La même manœuvre est réalisée pour tester le chef spinal, le bras étant placé à 140° d’abduction.

B. Aspects cliniques

La lésion du SA reste souvent longtemps méconnue, même si le déficit fonctionnel de l’épaule est majeur. L’existence d’un décollement de l’omoplate, à l’élévation du bras, en impose parfois pour une lésion du nerf thoracique long avec déficit du muscle grand dentelé. Pourtant, l’historique des plaintes et l’inspection du patient suffisent habituellement à poser le diagnostic.

1. Données anamnestiques

Le plus souvent, l’atteinte du SA est iatrogène et secondaire à une chirurgie du triangle postérieur du cou, délimité en avant par le SCM, en arrière par le muscle trapèze, en bas par la clavicule et au sommet par l’apophyse mastoïde. Les autres causes sont habituellement traumatiques.

Le motif de consultation est surtout relatif à l’existence d’une impotence fonctionnelle rendant difficile, voire impossible l’élévation antérieure et latérale complète du bras. Lorsque la cause est traumatique, une douleur aigüe initiale, localisée à la nuque et au bord supérieur de l’épaule, est souvent retrouvée à l’anamnèse. Par la suite, des plaintes algiques chroniques peuvent être décrites au niveau de l’épaule. Celles-ci sont parfois augmentées par la rotation de la tête du côté opposé à la lésion. Les douleurs sont fréquemment secondaires à l’installation de contractures musculaires, une traction sur le plexus brachial, une capsulite rétractile ou encore un conflit sous-acromial.

2. Inspection

De face, l’amyotrophie du chef supérieur du trapèze est responsable d’une accentuation du creux sus-claviculaire et d’une saillie de la clavicule.

Inspection d’une lésion tronculaire du nerf spinal accessoire (SA)

A) Lésion du SA gauche (vue de face) : l’atrophie du chef supérieur du trapèze accentue le creux sus-claviculaire et rend plus saillant le relief de la clavicule ; B) Lésion du SA droit (vue de dos) : le déficit du muscle trapèze est responsable d’une chute de l’épaule et d’une bascule de l’omoplate vers le bas et en abduction.

L’amyotrophie du SCM passe souvent inaperçue. C’est la rotation contrariée de la tête du côté opposé à la lésion qui révèle l’atrophie musculaire. Par ailleurs, les atteintes iatrogènes, liées à la chirurgie du triangle postérieur du cou, épargnent très souvent le SCM.

De dos, plus que la perte de relief du chef supérieur du trapèze, c’est la bascule de l’omoplate en bas et en abduction qui attire l’attention. Cette bascule doit être distinguée de celle, en haut et en adduction, qui caractérise l’atteinte du nerf thoracique long. En position debout, l’épaule, et donc la main du côté atteint, sont plus basses que du côté sain.

L’élévation et l’abduction active du bras sont responsables d’un décollement de l’omoplate (plus marqué dans sa partie supérieure) qui se majore lorsque la mobilisation active est contrariée. Ce décollement ne doit pas être attribué à une lésion tronculaire du nerf thoracique long. Insistons sur le fait que dans cette dernière éventualité, le décollement de l’omoplate (plus marqué dans sa partie inférieure) s’associe à un déficit d’abduction de l’omoplate qui n’est jamais observé lors d’une atteinte du SA.

Bascule de l’omoplate, au repos et majorée lors de l’élévation du bras

A) Lésion du nerf thoracique long droit : le déficit du muscle grand dentelé entraîne une bascule de l’omoplate vers le haut et en adduction ; B) Différence de bascule de l’omoplate lors d’une lésion du nerf spinal accessoire (1) et lors d’une lésion du nerf thoracique long (2).

3. Testing analytique

Le testing musculaire montre un déficit plus ou moins sévère pour le muscle trapèze. Lorsque l’omoplate est stabilisée par l’examinateur, il n’existe aucun déficit pour les autres muscles de l’épaule. Par contre, si l’omoplate n’est pas stabilisée, le testing peut être déficitaire pour l’abduction et la rotation externe du bras et en imposer à tort pour un déficit des muscles sus-épineux, sous-épineux et deltoïde. Il faut également savoir que pour une même lésion du SA, le déficit moteur peut être variable d’un patient à un autre. Cette variabilité dépend de la part d’innervation plus ou moins grande assurée par le plexus cervical.

C. Causes de neuropathies du nerf spinal accessoire

L’atteinte tronculaire isolée du SA relève principalement de causes traumatiques et iatrogènes. Lorsque le tableau clinique est dominé par des douleurs intenses et insomniantes, il faut garder à l’esprit la possibilité d’une neuropathie idiopathique telle qu’une variante du syndrome de Parsonage et Turner.

1. Causes traumatiques

Le SA peut être lésé à la suite d’un traumatisme ouvert par balle ou arme blanche. Il peut s’agir également d’un traumatisme non pénétrant extrinsèque, coup direct (sports de combat) ou étirement (accident de roulage, chute, corps étranger contondant, tentative de suicide par pendaison), ou intrinsèque, secondaire par exemple à une luxation de l’épaule ou à une dissection carotidienne.

Logigian et al rapportent une lésion du SA gauche par étirement, chez un patient ayant exécuté une rapide rotation de la tête vers la droite, alors qu’il portait à son épaule gauche une lourde sacoche. L’adhérence du SA à la veine jugulaire interne, sa traversée du SCM et son point d’entrée dans le muscle trapèze constituent autant de points fixes entre lesquels le nerf peut être étiré à l’occasion de mouvements d’amplitude et de vitesse extrêmes.

Tableau 1 : causes de neuropathies du nerf spinal accessoire (SA)

Atteintes intracrâniennes

- Schwannomes

- Méningiomes

Dans le foramen jugulaire

- Métastases de la base du crâne

- Schwannomes

- Traumatisme crânien

(Syndrome de Vernet ou du trou déchiré postérieur = atteinte combinée des nerfs crâniens IX, X et XI)

Dans la nuque

- Causes iatrogènes : chirurgie, radiothérapie, canulation de la veine jugulaire interne, endartériectomie de la carotide interne, parotidectomie, lifting

- Traumatismes

- Infiltrations malignes

Idiopathiques/dysimmunes/Parsonage et Turner

- SA uniquement

- SA + atteinte d’autres nerfs crâniens (IX et X)

- SA + atteinte d’autres troncs nerveux (nerfs thoracique long ou dorsal de l’omoplate)

- SA + plexite brachiale

Sarcoïdose

2. Causes iatrogènes

Les lésions du SA compliquent fréquemment, de façon aigüe ou différée, la chirurgie au niveau du triangle postérieur de la nuque ou la canulation de la veine jugulaire interne. L’acte chirurgical est généralement une biopsie d’un ganglion lymphatique cervical, une endartériectomie carotidienne, l’exérèse d’une tumeur bénigne ou encore une section intentionnelle du nerf lors de la dissection d’une tumeur maligne.

Le SA peut également être lésé dans les suites d’une radiothérapie centrée sur la nuque.

D. Etude électrophysiologique

Très souvent, le SA n’assure pas seul l’innervation du muscle trapèze. Dès lors, la conservation d’une réponse motrice lors de l’étude neurographique ou d’une activité électromyographique volontaire au niveau du chef supérieur du trapèze ne permettent pas de conclure à une atteinte partielle du SA. En effet, la participation variable des racines C2-C4 du plexus cervical peut être responsable de l’activité électroneuromyographique (ENMG) résiduelle. Autrement dit, une section iatrogène complète du SA (neurotmèse de mauvais pronostic) peut laisser subsister une activité ENMG qui en impose pour une axonotmèse partielle de bon pronostic.

1. Neurographie

La stimulation du SA est réalisée à son entrée dans le triangle postérieur du cou, soit environ 4 travers de doigt au-dessous du lobe de l’oreille au bord postérieur du SCM.

L’intensité de stimulation supramaximale dépasse rarement les 15 mA (durée de stimulus = 0,2 ms).

Le potentiel d’action global musculaire (PAGM) est habituellement recueilli sur le chef supérieur du muscle trapèze. L’électrode active est placée sur le bord supérieur de l’épaule, à 8 cm de la cathode. L’électrode de référence est fixée indifféremment sur l’acromion ipsi- ou controlatéral (latence motrice < 3 ms, amplitude > 5 mV). Une réponse motrice peut également être enregistrée sur les deux chefs inférieurs. Le point moteur du chef moyen se situe en regard du muscle angulaire de l’omoplate, près de son insertion scapulaire. Pour le chef inférieur, l’électrode active est fixée en dedans du bord spinal de l’omoplate, à mi-distance entre l’épine et l’angle inférieur de l’omoplate. Des ajustements transversaux de l’électrode active, entre l’omoplate et la ligne des épineuses, sont parfois nécessaire pour diminuer le temps de montée du PAGM.

Données cliniques et électrophysiologiques d’une lésion traumatique du nerf spinal accessoire (SA) droit

A) Chute de l’épaule droite et emplacements des électrodes de détection lors de l’étude neurographique du SA : électrode terre sur l’apophyse épineuse de C7 (fil jaune), électrode de référence sur l’acromion controlatéral (fil rouge), électrode active sur le chef claviculaire (fil noir), emplacements de l’électrode active pour l’enregistrement des chefs scapulaire et spinal (disques blancs) ; B) Trophisme normal du muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) gauche lors de la rotation contrariée de la tête vers la droite ; C) Amyotrophie du SCM droit lors de la rotation contrariée de la tête vers la gauche (tracé électromyographique simple à pauvre accéléré en encart) et site de stimulation du SA, à 8 cm de l’électrode de détection active placée sur le chef supérieur du muscle trapèze ; D) Potentiels d’action globaux musculaires enregistrés du côté sain, respectivement de haut en bas, sur les chefs claviculaire, scapulaire et spinal du muscle trapèze ; E) Potentiels d’action globaux musculaires enregistrés du côté pathologique, respectivement de haut en bas, sur les chefs claviculaire, scapulaire et spinal du muscle trapèze.

Une technique a également été proposée pour étudier le PAGM du SCM en stimulant le SA juste derrière le lobe de l’oreille en avant du SCM.

2. Electromyographie (EMG)

En cas d’amyotrophie sévère, l’EMG des muscles trapèze et SCM peut s’avérer délicate. Il importe de ne pas introduire trop profondément l’aiguille concentrique. Si cette précaution n’est pas respectée, il y a un risque de pneumothorax à l’étude du trapèze et de pénétration dans la jugulaire ou la carotide à l’étude du SCM. D’autres muscles de la ceinture musculaire devront parfois être étudiés pour exclure une atteinte qui déborderait le territoire du SA.

E. Traitement

Dans la phase initiale d’une atteinte traumatique, les contractures musculaires et les complications inflammatoires éventuelles peuvent justifier un traitement médicamenteux par anti-inflammatoire et décontracturant ainsi que des séances de kinésithérapie. Celles-ci préviennent également l’installation de raideurs articulaires. En cas de dénervation musculaire complète, des électromyostimulations, par courants à pente progressive, sont préconisées. Les tractions sur le plexus brachial, suite à la chute de l’épaule, nécessitent parfois le port d’une attelle.

Si après quatre mois d’évolution, le déficit musculaire reste majeur et sans signe de réinnervation à l’examen ENMG de contrôle, il est légitime de proposer une exploration chirurgicale. Celle-ci est parfois proposée d’emblée lorsque la lésion du SA est iatrogène et en particulier post-chirurgicale. En effet, dans ce contexte, le risque d’une neurotmèse est grand, même avec un examen ENMG rassurant (cf. ci-dessus). Lorsque le nerf est en continuité, une neurolyse peut suffire. Il est parfois nécessaire de faire une résection d’un névrome qui empêche la repousse axonale. Dans cette éventualité ou si d’emblée le nerf est en discontinuité, une autogreffe nerveuse (nerf grand auriculaire ou nerf sural) est réalisée.

En cas d’échec thérapeutique, une reconstruction chirurgicale, par transfert dynamique des muscles

angulaire de l’omoplate et rhomboïdes, peut encore être envisagée tardivement.

mercredi 13 janvier 2010

Nerf fibulaire

1. Rappel anatomique

1.1. Origine
Le nerf fibulaire commun (NFC) est formé par la réunion des divisions postérieures des rameaux ventraux des nerfs spinaux L4-S2. Dès son émergence et jusqu’au sommet du creux poplité, le NFC partage la même enveloppe, mais n’échangent aucun fascicule, avec le nerf tibial (réunion des divisions antérieures des rameaux ventraux L5-S2) (= nerf sciatique). Après avoir donné une seule branche, au niveau de la cuisse, pour le chef court du muscle biceps fémoral, le NFC passe derrière la tête de la fibula, contourne le col et traverse ensuite le chef superficiel du muscle long fibulaire, au niveau du tunnel fibulaire.
Le nerf fibulaire profond (NFP) s’individualise du NFC à la sortie du tunnel fibulaire. Il descend ensuite dans le compartiment antérieur de la jambe (innervation motrice des muscles tibial antérieur, long extenseur des orteils, long extenseur de l’hallux et troisième fibulaire). A la cheville, il passe sous le retinaculum des extenseurs. Il se divise alors en une branche latérale terminale motrice (pour le muscle court extenseur des orteils) et une branche médiale terminale sensitive qui se dirige vers le premier espace interdigital pour donner les nerfs digitaux dorsaux, latéral de l’hallux et médial du 2e orteil (2e et 3e nerfs digitaux dorsaux).
Le nerf fibulaire superficiel (NFS) est issu du NFC, en même temps que le NFP, à la sortie du tunnel fibulaire. Il descend ensuite dans le compartiment latéral de la jambe, le long du péroné (innervation des muscles long et court fibulaires). Il perfore le fascia au tiers inférieur de la jambe où il devient sous-cutané et se divise en ses branches cutanées dorsales, médiale et intermédiaire. La branche médiale donne les 1er, 4e et 5e nerfs digitaux dorsaux des orteils et la branche intermédiaire, les 6e- 9e nerfs digitaux dorsaux des orteils.

1.2. Innervation motrice
biceps femoris, caput breve, NFC, L4L5, flexion et rotation en dehors du genou
tibialis anterior, NFP, L4L5, dorsi-flexion du pied
extensor digitorum longus, NFP, L5-S1, extension MP et IP des 4 derniers orteils
extensor hallucis longus, NFP, L5-SI, extension MP et IP de l’hallux
fibularis longus, NFS, L5-S1, éversion du pied
fibularis brevis, NFS, L5-S1, éversion du pied
fibularis tertius, NFP, L5-S1, extension, pronation et abduction du pied
extensor digitorum brevis, NFP, L5-S1, extension des orteils

1.3. Innervation sensitive

Territoires sensitifs tronculaires du pied : 1) nerf fibulaire superficiel, 2) nerf saphène, 3) nerf sural, 4) nerf fibulaire profond, 5) nerf plantaire lateral, 6) nerf plantaire médial, 7) nerf calcanéen médial

2. Conduction motrice

2.1. L'enregistrement
- G1 : sur le muscle court extenseur des orteils
- G2 : face dorsale du Ve orteil

2.2. La stimulation
Cheville:
- Cathode : à 8 cm en amont de G1
- Anode : proximale par rapport à la cathode

Sous-tête de la fibula:
- Cathode : 3-4 cm au-dessous de la tête de la fibula
- Anode : proximale par rapport à la cathode

Creux poplité:
- Cathode : partie latérale du creux poplité, en s’assurant d’une dorsi-flexion avec éversion du pied (attention à la costimulation du nerf tibial)
- Anode : proximale par rapport à la cathode

2.3. Indice de latence terminale
- rapport entre la vitesse de conduction distale (latence distale) et la vitesse du segment jambier
- 8 cm divisé par le produit de la LDM par la VCM
- indice diminué : le ralentissement prédomine distalement
- indice augmenté : le ralentissement prédomine proximalement

2.4. F-ratio
- ondes F évoquées par la stimulation du NFC au creux-poplité
- rapport entre la conduction au-dessus du genou et en-dessous du genou
- (latence F - LPM - 1) divisé par (2xLPM)

3. Conduction motrice du muscle tibialis anterior

2.1. L'enregistrement
- G1 : sur le muscle tibialis anterior au ¼ de la distance entre la tubérosité tibiale antérieure et le sommet de la malléole interne
- G2 : au-dessus de la malléole interne

2.2. La stimulation
Sous-tête de la fibula:
- Cathode : 3-4 cm au-dessous de la tête de la fibula
- Anode : proximale par rapport à la cathode

Creux poplité:
- Cathode : partie latérale du creux poplité, en s’assurant d’une dorsi-flexion avec éversion du pied (attention à la costimulation du nerf tibial)
- Anode : proximale par rapport à la cathode

4. Conduction sensitive antidromique du NFS et des branches cutanées dorsales, médiale et intermédiaire




4.1. L'enregistrement
- G1(disques bleus): au milieu de la ligne bimalléolaire pour le nerf fibulaire superficiel (*), 8 cm en aval du milieu de la ligne bimalléolaire, et dans le prolongement du 1er espace interdigital, pour la branche cutanée dorsale médiale (**), 8 cm en aval du milieu de la ligne bimalléolaire, et dans le prolongement du 4e espace interdigital, pour la branche cutanée dorsale intermédiaire (***)

4.2. La stimulation
- Cathode (disque rouge) : 8 cm distalement par rapport à G1
- Anode : proximale par rapport à la cathode

5. Limites de normalité

LDM = 2,221 + 0,012 age - 0,00015 age² + 0,012 taille + 1,38 (ms)
VCM = 102,027 - 0,099 age - 0,00029 age² - 0,287 taille - 6,82 (m/s)
F-M = - 15,578 - 0,03 age + 0,00111 age² + 0,34 taille + 4,82 (ms)
Amp motrice = -1,542 - 0,009 age - 0,00029 age² + 0,052 taille + 4,9 (mV)
Indice de latence terminale : [0,33-0,50]
F-ratio : [0,88-1,21]
Persistance onde F : 0-100%, rapport d'Amp onde F/M : 10%, différence de Lat G/D et NFP/nerf tibial : 4 (ms), limite de variation temporelle : 3 (ms)

mercredi 21 janvier 2009

Nerf Phrénique : technique et normes

Muscle and Nerve (janvier 2008)

Latence motrice : 8 ms (limite supérieure de la normale)

Amplitude motrice : 0,46 mV en inspiration et 0,33 mV en expiration (limite inférieure de la normale)




Variante : Yann Péréon

Latence motrice : 8,1 ms (limite supérieure de la normale)

Amplitude motrice : 0,2 mV (limite inférieure de la normale)
Différence doite/gauche : < 50%

mardi 23 décembre 2008

Nerf axillaire (n. circonflexe)




1. Rappel anatomique

1.1. Origine

- Racines C5-C6, TPS, TSP

1.2. Innervation motrice
deltoideus, axillaire, C5-C6, abduction du bras
teres minor, axillaire, C5-C6, rotation externe du bras

1.3. Innervation sensitive
- moignon de l’épaule par le nerf cutané latéral supérieur du bras

2. Conduction motrice

2.1. L'enregistrement
- G1 : à mi-distance entre l’acromion et la pointe du V deltoïdien
- G2 : sur l’acromion

2.2. La stimulation
Point d'Erb:
- Cathode : milieu du creux sus-claviculaire
- Anode : latérale par rapport à la cathode
Face postérieure de l’aisselle (Currier, 1971)

3. Limites de normalité

- LDM lors de la stimulation au point d’Erb : 5 ms
- LDM lors de la stimulation à la face postérieure de l’aisselle : 3,3 ms
- Amp lors de la stimulation à la face postérieure de l’aisselle : 10,8 mV





4. Causes de neuropathie

Luxation antérieure de la tête humérale
Fracture du col chirurgical de l’humérus
Traumatisme externe fermé sans fracture ni luxation (hockey)
Traumatisme par balles ou armes blanches
Chirurgie de l’épaule (parfois atteinte isolée de la branche sensitive)
Syndrome de l’espace quadrilatère de Velpeau ( ?) (baseball)
Syndrome de Parsonage et Turner

mardi 25 novembre 2008

Syndrome du canal carpien : nouvelle approche neurophysiologique

Introduction

Le syndrome du canal carpien (SCC), compression du nerf médian au poignet lors de son passage sous le ligament transverse du carpe, est la mononeuropathie la plus répandue dans le monde. Sa prévalence dans la population adulte est estimée à environ 3% (1).
L'exploration électrophysiologique du SCC remonte à 1956, date à laquelle Simpson démontra pour la première fois un allongement de la latence distale motrice (2). Depuis lors, il n'y a toujours pas de véritable consensus sur la façon optimale d'explorer un SCC. Tout au plus, existe-t-il des lignes de conduite proposées par l'American Association of Electrodiagnostic Medicine (AAEM) (3).
La plupart du temps, la mise en évidence d'une compression du nerf médian au poignet ne pose guère de problème. Comme souvent, les difficultés naissent lors de la confrontation aux cas limites (borderlines) et lorsque l'électrophysiologiste a le souci d'augmenter sa sensibilité (vrais positifs) tout en conservant élevée sa spécificité (1-faux positifs). Or ce souci est légitime, car, manquer de sensibilité nous égare dans des voies diagnostiques sans issue ; manquer de spécificité, expose nos patients à des explorations, voire à des traitements, inutiles.
Nous avons souhaité, dans une étude prospective menée au CHU de Liège, comparer le rendement de différentes techniques et proposer une nouvelle stratégie d'approche neurophysiologique du SCC.

Les Méthodes

Trois groupes furent étudiés : A) 22 sujets sains (45 ± 11 ans ; 170 ± 7 cm ; 59% de femmes) et autant de mains dominantes (D) et non dominantes (ND), B) 20 patients sans paresthésie et sans signe évocateur d'une quelconque pathologie neurologique (20 D et 20 ND ; 39 ± 14 ans ; 167 cm ± 6 cm ; 70% de femmes), C) des patients avec un SCC typique sur le plan clinique, paresthésies dans le territoire du nerf médian avec recrudescence nocturne ou matinale (du moins au début des plaintes) (29 D et 24 ND ; 53 ± 16 ans ; 163 ± 8 cm ; 75% de femmes).
Les paramètres suivants furent enregistrés : vitesse de conduction mixte orthodromique transcanalaire du nerf médian sur un segment paume-poignet de 8 cm (VCmo), différence de VCmo entre les nerfs ulnaire et médian (VCmo U-M), comparaison des segments doigt-paume (pic I) et doigt-poignet (pic II) après stimulation orthodromique du majeur (Méthode 14-7), latence distale motrice du nerf médian (LDM), différence de LDM entre les nerfs médian et ulnaire après stimulation de ceux-ci au poignet et détection thénarienne des réponses évoquées (LDM M-thU). La température cutanée au poignet était supérieure ou égale à 32°C.





Résultats

Les valeurs normatives sont établies à partir des données mesurées dans le groupe A par la valeur moyenne ± DS avec un niveau d'incertitude (p) fixé à 5% (Tableau 1). Dans le groupe A, la comparaison des résultats obtenus au niveau des mains D et ND, par un test t de Student, ne révèle aucune différence significative.
La confrontation aux normes des résultats du groupe B et du groupe C permet de calculer respectivement la spécificité (1 – faux positifs) et la sensibilité (vrais positifs) de chacune des 5 méthodes testées (Tableau).
Le recours aux courbes ROC (receiver operator characteristic), en mettant en relation la sensibilité avec la spécificité, permet d’apprécier le rendement relatif des différentes méthodes. Il est également possible de fixer la spécificité à une valeur donnée, par exemple 97%, et de connaître les valeurs de sensibilité correspondantes (Tableau).

Tableau : Valeurs normatives et comparaison des sensibilités et spécificités de 5 techniques d'évaluation du syndrome du canal carpien

Limites de normalité : VCmo = 50 m/s, VCmo U-M = 14 ms, Méthode 14-7 = 2,09, LDM = 3,8 ms, LDM M-thU = 0,9 ms
Sensibilité : VCmo = 87%, VCmo U-M = 88%, Méthode 14-7 = 73%, LDM = 75%, LDM M-thU = 79%
Spécificité : VCmo = 90%, VCmo U-M = 100%, Méthode 14-7 = 95%, LDM = 90%, LDM M-thU = 87%
Sensibilité lorsque la spécificité est fixée à 97% : VCmo = 77%, VCmo U-M = 91%, Méthode 14-7 = 70%, LDM = 57%, LDM M-thU = 70%

Discussion-conclusions

Les méthodes impliquant une comparaison de la conduction nerveuse du nerf médian avec celle du nerf ulnaire (VCmo U-M et LDM M-thU) ou entre deux segments du nerf médian (Méthode 14-7) sont plus sensibles et spécifiques que les méthodes fournissant un résultat « absolu » non comparatif (VCmo et LDM).
La sensibilité des tests moteurs est moindre que celle des tests sensitifs, suggérant que les axones moteurs sont moins vulnérables à la compression que les axones sensitifs.
Chez un patient présentant une symptomatologie évocatrice d’un SCC, nous préconisons la stratégie suivante :

1. Commencer par mesurer les VCmo et VCmo U-M. Si les 2 tests sont positifs (VCmo > 14 ms), les données sont en faveur d’un SCC au moins sensitif. Si les 2 tests sont négatifs, l’hypothèse d’un SCC est improbable. Si les 2 tests fournissent des résultats discordants, la méthode 14-7 est utilisée pour trancher en faveur ou non d’un SCC sensitif.
2. Réaliser ensuite LDM et LDM M-thU. Si les 2 tests sont positifs (LDM > 3,8 ms et LDM M-thU > 0,9 ms) ou en cas de positivité de LDM M-thU uniquement, en présence d’un ralentissement significatif de la conduction sensitive ou mixte, les données sont en faveur d’un SCC sensitivo-moteur. Si le test LDM M-thU est négatif, selon les résultats de la conduction nerveuse sensitive ou mixte, les données sont en faveur d’un SCC exclusivement sensitif ou de l’absence de SCC.
3. Si la LDM de nerf médian est allongée de façon isolée, une autre hypothèse diagnostique doit être envisagée.


Lorsque les groupes B et C sont confrontés à cette stratégie diagnostique, la sensibilité atteint 89% et la spécificité 100%.

Enfin, pour apprécier la sévérité du SCC, nous préconisons d’utiliser l’échelle proposée par Padua et coll. (4) : grade 0, pas de SCC ; grade 1 minime, seuls les tests comparatifs sont anormaux ; grade 2 discret, réduction au-dessous de la limite inférieure de la normale de la vitesse de conduction sensitive ou mixte à travers le canal carpien; grade 3 moyen, idem et allongement de la LDM du nerf médian; grade 4 sévère, réduction majeure d’amplitude ou absence de potentiel sensitif ou mixte ; grade 5 très sévère, réduction majeure d’amplitude ou absence de potentiel moteur.

Références

1. Atroshi I, Gummesson C, Johnsson R, Ornstein E, Ranstam J, Rosén I. Prevalence of carpal tunnel syndrome in a general population. JAMA 1999 ; 282 : 153–158.
2. Simpson JA. Electrical signs in the diagnosis of carpal tunnel and related syndromes. J Neurol Neurosurg Psychiatry 1956 ; 19 : 275-280.
3. AAEM. Practice parameter for electrodiagnostic studies in carpal tunnel syndrome : summary statement. Muscle Nerve 2002 ; 25 : 918-922.
4. Padua L, LoMonaco M, Gregori B, Valente EM, Padua R, Tonali P. Neurophysiological classification and sensitivity in 500 carpal tunnel sydrome hands. Acta Neurol Scand 1997 ; 96 : 211–217.

Syndrome du canal carpien : recommandations de l'AAEM

RECOMMENDATIONS REGARDING EDX STUDIES TO CONFIRM A CLINICAL DIAGNOSIS OF CTS

The recommendations below are identical to those made and endorsed in 1993 by the American Academy of Neurology, the American Academy of Physical Medicine and Rehabilitation, and the American Association of Electrodiagnostic Medicine.

In patients suspected of CTS, the following EDX studies are recommended:

- Perform a median sensory NCS across the wrist with a conduction distance of 13 cm to 14 cm. If the result is abnormal, comparison of the result of the median sensory NCS to the result of a sensory NCS of one other adjacent sensory nerve in the symptomatic limb.

- If the initial median sensory NCS across the wrist has a conduction distance greater than 8 cm and the result is normal, one of the following additional studies is recommended:
comparison of median sensory or mixed nerve conduction across the wrist over a short (7 cm to 8 cm) conduction distance with ulnar sensory nerve conduction across the wrist over the same short (7 cm to 8 cm) conduction distance, or comparison of median sensory conduction across the wrist with radial or ulnar sensory conduction across the wrist in the same limb, or
comparison of median sensory or mixed nerve conduction through the carpal tunnel to sensory or mixed NCSs of proximal (fore arm) or distal (digit) segments of the median nerve in the same limb.

- Motor NCS of the median nerve recording from the thenar muscle and of one other nerve in the symptomatic limb to include measurement of distal latency.

- Supplementary NCS: comparison of the median motor nerve distal latency (second lumbrical) to the ulnar motor nerve distal latency (second interossei); median motor terminal latency index; median motor nerve conduction between wrist and palm; median motor nerve compound muscle action potential (CMAP) wrist-to-palm amplitude ratio to detect conduction block; median sensory nerve action potential (SNAP) wrist-to-palm amplitude ratio to detect conduction block; short segment (1 cm) incremental median sensory nerve conduction across the carpal tunnel (Option).

- Needle electromyography (EMG) of a sample of muscles innervated by the C5 to T1 spinal roots, including a thenar muscle innervated by the median nerve of the symptomatic limb (Option).

Based on the second AAEM CTS Literature Review, the following EDX studies are not recommended to confirm a clinical diagnosis of CTS either because the EDX studies recommended above have greater sensitivity and specificity or the test is best described as investigational at this time.

- Low sensitivity and specificity compared to other EDX studies: multiple median F-wave parameters, median motor nerve residual latency, and sympathetic skin response.
- Investigational studies: evaluation of the effect on median NCS of limb ischemia, dynamic hand exercises, and brief or sustained wrist positioning.

samedi 22 novembre 2008

Nerf Ulnaire

1. Rappel anatomique

1.1. Origine

Racines C8-D1, TPI, TPSI

1.2. Innervation motrice
flexor carpi ulnaris, ulnaire, C8-D1, flexion et adduction du poignet
flexor digitorum profundus, ulnaire, C8-D1, flexion de P3 de R4 et R5
dorsal interossei, ulnaire, C8-D1, extension de P2 et P3, flexion de P1, écartement des doigts
palmar interossei, ulnaire, C8-D1, extension de P2 et P3, flexion de P1, rapprochement des doigts
flexor digiti minimi brevis, ulnaire, C8-D1, flexion de P1 de R5
abductor digiti minimi, ulnaire, C8-D1, adduction de R5
opponens, ulnaire, C8-D1, opposition de R5 par rapport à R1
adductor pollicis, ulnaire, C8-D1, adduction du pouce (signe de Froment)
lumbrical, ulnaire, C8-D1, extension de P2 et P3, flexion de P1 de R4 et R5

1.3. Innervation sensitive
- partie proximale du bord ulnaire de la paume de la main par la branche cutanée palmaire qui naît à la partie médiane de l'avant-bras et qui ne passe pas dans le canal de Guyon
- La face dorsale du bord ulnaire de la main et la face dorsale de R5 et de la moitié ulnaire de R4 par la branche cutanée dorsale qui naît 5 cm au-dessus du poignet
- partie distale du bord ulnaire de la paume de la main et la face palmaire de R5 et de la moitié ulnaire de R4 par la branche superficielle sensitive et les nerfs collatéraux passant dans le canal de Guyon








2. Conduction motrice

2.1. L'enregistrement
- G1 : au milieu de l'éminence hypothénar
- G2 : face dorsale de la première phalange de l'auriculaire

2.2. La stimulation
Poignet:
- Cathode : à 8 cm de G1
- Anode : proximale par rapport à la cathode
Sous-coude:
- Cathode : 4 cm sous l'épitrochlée
- Anode : proximale par rapport à la cathode
Sus-coude:
- Cathode : 4 cm au dessus de l'épitrochlée
- Anode : proximale par rapport à la cathode
Bras:
- Cathode : face postéro-interne du bras (attention à la costimulation du nerf médian, détection à l'aiguille en cas de doute)
- Anode : proximale par rapport à la cathode
Point d'Erb:
- Cathode : milieu du creux sus-claviculaire
- Anode : latérale par rapport à la cathode
- Stimulation monopolaire avec anode à la face postérieure de l'épaule (stimulation plus efficace et moins douloureuse)

3. Latence du muscle cubital antérieur (flexor carpi ulnaris)


Particulièrement utile lors d’une dénervation complète au niveau de la main.


3.1. L'enregistrement (monopolaire)
- G1 : à 10 cm de l'épitrochlée (sur la partie charnue du muscle)
- G2 : sur la styloïde cubitale

3.2. La stimulation
- Cathode : 5cm au-dessus de l'épitrochlée
- Anode : proximale par rapport à la cathode

4. Conduction orthodromique paume-poignet
Ce test évalue principalement la conduction sensitive

4.1. La stimulation
- Cathode : paume de la main, au niveau du 4ème espace intermétacarpien
- Anode : distale par rapport à la cathode

4.2. L'enregistrement
- G1 : au poignet, 8 cm proximalement par rapport à la cathode sur le trajet du nerf ulnaire





5. Conduction sensitive antidromique de la branche cutanée dorsale de la main


5.1. La stimulation
- Cathode : bord postéro-interne du poignet
- Anode : proximale par rapport à la cathode
5.2. L'enregistrement
- G1 : face dorsale et interne de la main

6. Normes

LDM : 0,284 + 0,009 x age - 0,00004 x age² + 0,015 x taille + 0,64
VCM : 74,16 - 0,004 x age - 0,0009 x age² - 0,083 x taille - 9,36
F-M : - 9,867 + 0,051 x age - 0,00009 x age² + 0,184 x taille + 2,42
Amp motrice : 17,793 - 0,065 x age + 0,0004x age² - 0,026 x taille -4,82
VCS : 50 (m/s)
Amp sens. : 15 (µV)
Indice de latence terminale : [0,39-0,57]
VCM au coude : > 40 m/s et différence avant-bras/coude < 15 m/s
Persistance onde F > 50%, rapport d'Amp onde F/M : < 10%, différence Lat G/D : 2 ms, différence Lat médian/ulnaire : 2 ms, limite de variation temporelle : 1,5 (ms)

dimanche 26 octobre 2008

Nerf thoracique long (nerf de Charles-Bell)

1. Rappel anatomique

Le nerf thoracique long (TL) est purement moteur et issu des rameaux ventraux des nerfs spinaux C5, C6 et C7 (participation C8 dans 8% des cas). Le nerf passe en arrière de la clavicule et du plexus brachial, en dedans de l’apophyse coracoïde, puis en chevalet sur la 2ème côte et ensuite le long de la paroi thoracique où il innerve les digitations du muscle grand dentelé ou dentelé antérieur (DA).

Le DA a son origine sur la face externe des huit ou neuf premières côtes et se termine sur la face antérieure et le bord spinal de l’omoplate. Lorsque le point fixe est à l’origine, le DA réalise une abduction et une rotation de l’omoplate, avec application de son bord spinal sur le gril costal permettant l’élévation du bras au delà de 90°.

2. Neuropathies du nerf thoracique long

Les atteintes du TL sont traumatiques aigües (choc sur l’épaule ou la paroi thoracique, chirurgie, anesthésie), compressives (syndrome du havresac, béquille), microtraumatiques (haltérophilie, tennis, volleyball), infectieuses (Lyme) ou inflammatoires (Parsonage et Turner). La radiculopathie C6C7, les myopathies touchant la ceinture scapulaire et l’amyotrophie secondaire à un syndrome douloureux de l’épaule font partie du diagnostic différentiel.

La faiblesse du muscle dentelé antérieur se manifeste principalement par un décollement du bord spinal et de la pointe de l’omoplate, associé à un déficit d’abduction et de rotation de l’omoplate lors de l’élévation du bras.





3. Etude électrophysiologique

Le bilan ENMG du TL reste souvent délicat. La stimulation isolée du TL au point d’Erb est impossible et n’est pas toujours assurée au creux axillaire en raison du risque de stimulation simultanée du nerf thoraco-dorsal (TD), assurant l’innervation du muscle grand dorsal (GD). Lorsque la stimulation isolée du TL n’est pas assurée, les réponses évoquées au niveau du DA risquent d’être contaminées par d’autres muscles, en particulier le GD. La détection musculaire par électrode-aiguille reste une alternative plus spécifique du couple TL-DA, mais qui n’offre pas une mesure fiable des paramètres de latence et surtout d’amplitude. A ces considérations techniques s’ajoutent des facteurs anatomiques, tels que l’embonpoint ou la poitrine chez les femmes, pouvant interférer de façon non négligeable avec l’étude du TL.

3.1. Détection musculaire par électrodes de surface
L’électrode active (G1) est placée sur la 5ème ou 6ème côte sur la ligne axillaire moyenne. L’électrode de référence (G2) est placée sur le sternum (enregistrement monopolaire).

3.2. Stimulation nerveuse
La stimulation percutanée du TL est assurée par un stimulateur bipolaire ou monopolaire. Lors de la détection en surface, seule la stimulation axillaire est acceptable. La cathode est placée 5 cm proximalement à G1. Un risque d’activation du TD existe, en particulier lorsque l’intensité de stimulation doit être augmentée en raison d’une atteinte du TL. Dans ce cas, la lésion du TL risque d’être sous-estimée. Nous préconisons de compléter la technique, proposée par Seror, en plaçant de façon systématique une aiguille concentrique au niveau du GD afin de reconnaître les situations où la réponse du DA est contaminée par le GD. Si cette contamination ne peut être évitée en déplaçant la cathode, la détection musculaire devra se faire par une aiguille concentrique insérée dans le DA, à la place de G1, jusqu’au contact avec la côte, puis retirée d’1 à 2 mm. Lors de la détection par électrode-aiguille, la stimulation nerveuse peut être appliquée en axillaire ou au point d’Erb.

3.3. Activité électromyographique du muscle grand dentelé
L’enregistrement musculaire à l’aiguille concentrique permet l’étude musculaire au repos et lors d’un effort de contraction volontaire.

Au repos, des signes de dénervation active sont recherchés (fibrillations et potentiels lents). Lors de l’effort de contraction volontaire, les caractéristiques d’un tracé neurogène sont évaluées (diminution du recrutement, potentiels polyphasiques ou de durée et d’amplitude augmentées).
Il est ainsi possible de reconnaître une dénervation motrice active, une perte d’unités motrices fonctionnelles ou des tracés neurogènes subaigus ou chroniques d’intensité modérée, moyenne ou sévère.

4. Valeurs normatives

Latence moyenne
(déviation standard)*

Amplitude : limite inférieure de la normale**

Détection de surface/stimulation axillaire

2,24 ms (0,30)

2,1 mV

Détection aiguille/stimulation Erb

3,65 ms (0,45)

*Seror 2006 ; **données personnelles recueillies chez 10 hommes et 10 femmes contrôles


1-3 Détection musculaire de surface. 4-5 Détection musculaire par aiguille concentrique. 1 Détection muscle dentelé antérieur/stimulation axillaire : temps de montée (rise time) court <>2 Détection muscle dentelé antérieur/stimulation Erb : réponse de plus grande taille (amplitude et surface) traduisant l’activation non limitée au nerf thoracique long. 3 Détection muscle dentelé antérieur/stimulation axillaire avec G1 en avant de la ligne axillaire moyenne : onde positive initiale et temps de montée long traduisant que G1 n’est pas sur la zone des plaques motrices du muscle dentelé antérieur. 4 Détection muscle dentelé antérieur/stimulation axillaire. 5 Détection muscle dentelé antérieur/stimulation Erb




Exemple d’atteinte partielle sévère du nerf thoracique long. 1-4 Stimulation axillaire. 5 et 6 Stimulation au point d’Erb. A) Activation (intensité de stimulation = 31 mA) isolée du nerf thoracique long. Aucune réponse motrice n’est évoquée au niveau du muscle grand dorsal. B) Activation conjointe des nerfs thoracique long et thoraco-dorsal pour une intensité de stimulation légèrement supérieure (36 mA en axillaire). La réponse du muscle dentelé antérieur est contaminée par la réponse du muscle grand dorsal. Si cette coactivation n’est pas reconnue, la lésion du nerf thoracique long est sous-estimée.

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